
À peine entré en fonction, le nouveau ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, affiche un ton résolument ferme. Lors de son tout premier briefing à la RTNC, mercredi, il a dressé un état des lieux sans complaisance de l’appareil judiciaire congolais, miné par la corruption, la mafia institutionnalisée et des conditions carcérales indignes: «Une chaîne aux dérives mafieuses gangrène notre justice, des magistrats jusqu’aux auxiliaires», a dénoncé le ministre.
Un diagnostic clair, qui appelle des sanctions exemplaires et des réformes structurelles de fond. Sa feuille de route prévoit notamment la digitalisation des procédures judiciaires, la création d’un parquet financier indépendant et la modernisation des infrastructures pénitentiaires.
Pour Guillaume Ngefa, restaurer la crédibilité de la justice passe également par l’amélioration des conditions de travail et de rémunération des acteurs judiciaires. Il promet un dialogue soutenu avec le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour mettre fin aux pratiques déviantes qui minent le secteur.
Autre pilier de sa réforme : la consolidation de l’État de droit, à travers une répartition équitable des infrastructures judiciaires sur les 26 provinces du pays. Le ministre entend adapter la carte judiciaire au découpage administratif, afin de rapprocher la justice des citoyens.
Sur le plan sécuritaire, Ngefa a annoncé un tournant dans la gestion des affaires criminelles à l’Est du pays. «Aucun auteur de crimes de guerre ne sera épargné», a-t-il prévenu, marquant ainsi sa volonté de mettre fin à l’impunité.
Enfin, le ministre a réaffirmé une priorité centrale: restaurer la confiance des citoyens dans une justice équitable, efficace et humaine. Un engagement fort pour un ministère souvent critiqué, qui veut aujourd’hui tourner la page de l’immobilisme.
Régine Matata